Titan

 

Des cieux teintés d’orange sur une peau gris-noire

De glace et de poussière, des larmes de méthane,

Un monde crépusculaire que l’hiver condamne

A l’attente éternelle, au profond désespoir,

 

Un moins deux cent degrés à congeler tout feu,

Une brume qui plane sur cette sombre terre,

Un zeste d’ammoniac, un parfum délétère,

Un corps transi, maudit et oublié des Dieux,

 

Ô ténébreux Titan, mystérieuse planète,

Tu contemples ta lune, la belle aux sept anneaux

Qui verra fondre un jour ta glace et couler l’eau,

Tes rivières et tes lacs inspirer les poètes,

 

Ta chimie s’emballer et faire des miracles

Sous un grand soleil rouge incinérant la Terre,

Tes monts et tes vallées se gorger de lumière,

Et le chant des oiseaux poursuivre le spectacle …