Requiem III

 

Bonheur, bonheur nécrosé,

Rachitique et sclérosé,

Puisque nous devons souffrir,

Faut-il te pleurer ? T’honnir ?

 

Nos sombres instincts primaires,

Couverts d’un linceul-chimère,

Trompent la mort en attendant

L’épilogue décadent.

 

Bonheur, bonheur éphémère,

Ton trépas est amer,

Et puisqu’il nous faut souffrir,

Faut-il en pleurer ? En rire ?

 

Une tombe de marbre blanc

Scelle nos tristes semblants,

Ces maints squelettes dorés

Dans leurs chaînes adorées.

 

Bonheur, bonheur de jadis,

Le galvaudé d’immondices,

A-t’on bien pu te souffrir

Sans pleurer et sans mentir ?

 

Epitaphe :

Le miroir aux alouettes

Séduit nos cœurs-girouettes.