Requiem II

 

La cathédrale s’élance vers les plus hautes sphères,

Les flèches de Cupidon y transpercent les cieux,

Vaincu, je ne suis qu’une statue de pierre,

Figé sur le parvis et oublié des Dieux,

 

La Déesse de l’amour a déserté mon île,

En Robinson j’attends une improbable élue,

La détresse invisible aux passants qui défilent

Ronge mes entrailles chaque jour un peu plus,

 

Vaincu, je ne suis qu’une statue de pierre

A qui ne manque que l’étincelle de la vie,

Vains restent mes vœux et vaines sont mes prières,

Et seul je me morfonds, figé sur le parvis,

 

Cloué au sol, je retourne à la glaise

Où des grondements sourds bourdonnent à mes tympans :

Les pas des croque-morts battent l’anti-genèse,

Les Adam privés d’Eve retournent au néant,

 

Une couronne d’épines embellira ma tombe,

Les roses qui la paraient partirent aux quatre vents,

Ma stèle trônera au fond des catacombes,

Ou une main blanche et pure écrira : "Sois vivant".