Requiem

 

Notre amour est en miettes

Que picorent les corbeaux,

Un corbillard s’arrête

Et pérorent les badauds,

 

Dans un cercueil d’ébène

On rassemble les morceaux,

Je mesure enfin ta peine

Ce qui me réjouit plutôt,

 

J’ai le cœur nécrophile

Et le noir en goguette,

Le costume que j’enfile

Est celui des jours de fête,

 

Tu souffles sur les cendres

De cet amour défunt,

Et moi de jouer les Cassandre :

« Tous tes efforts sont vains ! »

 

Ta beauté se décompose

Et tu te fais harpie,

Ta vraie nature s’impose

Tu hurles de dépit…

 

Et de t’envoler vers les mers sombres.

 

Je grave sur la stèle :

« Cet amour n’était que haine

Gardez-vous du chant des sirènes. »