Moustique

 

J’ai rêvé d’un rivage où le sable était blanc,

De pépites nacrées, d’une rivière d’argent,

Du scintillement bleuté d’écrevisses-cancer,

Sous un grand soleil rouge à couronne aurifère,

 

J’ai rêvé d’un rivage où le sable était blanc,

D’une mer dorée et de poissons volants,

Ces anges exocets aux ailes cristallines

Caressant la peau lisse d’un soleil bleu marine,

 

J’ai rêvé d’un pelage ou le sable et le noir

Se marient, se séparent en flammèches et en moires,

D’une écaille de tortue, ses ronrons, ses câlins,

Aux deux grands soleils verts fendus du félin,

 

Non, je l’ai pas rêvé ce dernier paysage, car tu y reconnais, ma tite chatte, ton image, tu te meurt et mes larmes se perdent en tes yeux, et tes ronrons plaintifs déchirent mon cœur malheureux.

 

 

A Moustique, ma petite chatte, de race écaille de tortue, qui a quitté ce monde en mars 2005, à l'âge de 16 ans. J’ai écrit ce poème quelques jours avant sa mort.