Les hirondelles

 

Comme les hirondelles qui vont et qui viennent,

Fendant l'air léger d'un matin d'Avril

De leurs ailes gracieuses et graciles,

En de grisantes danses aériennes,

 

Elle, l'Hirondelle fit son nid dans mon cœur,

S'y installa pour quelques mois d'été,

Pour quelques instants d'éternelle gaieté,

Comme un papillon se pose sur une fleur,

 

Puis les premières feuilles se mirent à jaunir,

Pour l'Hirondelle il était déjà tard,

Elle fit sa valise et mis son foulard,

Un matin d'automne qui semblait vieillir,

 

Libre comme l'air du printemps à l'hiver,

Sans porter de ces mensonges vénéneux

Qui s'accrochent aux ailes et en font des nœuds,

Sans filet s'envolait la fille de l'air,

 

Comme les hirondelles qui vont et qui viennent,

Son cœur et ses ailes battant à l'unisson

Au dessus des champs, des toits des maisons,

Les hirondelles qui s'en vont et reviennent.