Les berges du néant

   

Je marche sous les ombres du soleil de l’obscur

Où les fleurs sont grises et les corbeaux gutturent,

Le silence est de plomb entre mes dents qui claquent,

Les phalènes me cognent sous les branches qui craquent,

 

Un rideau de pluie s’élève en des cieux abyssaux

Imbibant la poussière de mes vieux oripeaux,

Un reflet d’arc-en-ciel s’assombrit dans l’eau noire

D’un lac étale et coule sous l’opaque miroir,

 

La terre se craquelle sous mes pas titubants,

Je me sent seul ici, aux berges du néant,

L’homme en carafe fuit ces lieux dits apocryphes

Tant il y voit son ombre et craint son négatif.