Apocapitalisme
L’aube est rouge sur cette terre dévastée
Où ne reste que larmes de sang séché
Et les éclats rouillés d’un œuf qui naguère
Portait en son cœur un soleil éphémère,
Il ne brillait qu’en façade, cet astre,
Dans sa coquille, sur son pilastre,
Ombre d’une ombre dans sa course futile,
Géant cheval fou aux gros sabots d’argile,
Gérant la cadence à un rythme d’enfer,
S’abreuvant du sang noir et pétrolifère,
Rien ne l’arrêtait, son galop pécunier,
Des champs de blé poussant sur de grands charniers,
Au soir, il a suffit que monte la brise
Pour que tombe la façade et qu’il se brise,
L’aube est rouge et le vent sirocco,
Dieu ! Le chant du coq est sans écho.